Partager l'article ! Chez-Firmin l'an 2, Césaire l'an 1, Raphaël Confiant, Eddy L. Harris, Richard Bohringer, Gisèle Pineau, Hélène Badet, Alexandre Dumas, Claude Rib ...
5 Avril 2007 - 5 Avril 2009 :
Il y a 2 ans se créait votre BLOG... CHEZ-FIRMIN.OVER-BLOG.COM
17 Avril 2008 - 17 Avril 2009 :
Il y a 1 an mourait l'écrivain-poète martiniquais AIME CESAIRE,
L'un des pères du mouvement socio-philosophique et littéraire de la NEGRITUDE
(créé en compagnie du Sénégalais LEOPOLD SEDAR SENGHOR et du Guyanais
LEON GONTRAN DAMAS.)
Edition initiale : 1966, au
Seuil
Résumé par l'éditeur : Une saison au Congo
L'Afrique au temps du vertige des indépendances reconquises. De temps en temps, une grande et haute figure. Au Congo,
celle de Patrice Lumumba. Homme politique. Sans doute le seul du Congo, et le plus grand de l'Afrique. C'est qu'il y a en lui du voyant et du poète. A travers cet homme que sa stature même semble
désigner pour le mythe, toute l'histoire d'un continent et d'une humanité se joue de manière exemplaire et symbolique. Poète célèbre, longtemps député de la Martinique, Aimé Césaire, qui a
élaboré et défini la notion de "négritude", donne ici une des pièces de théâtre les plus représentatives du combat politique qu'il a mené parmi les intellectuels noirs d'Afrique et des
Caraïbes.
Raphaël Confiant : L'Hôtel du Bon Plaisir
301 pages, éd.
Mercure de France, 18, 80 euros
Date de publication : 17 Avril 2009
Présentation par l'éditeur
Seuls les rares étrangers, qu’on dérisionnait sous le vocable d’« emmenés-par-le-vent », à s’aventurer dans cette partie du quartier
des Terres-Sainville, parfois cognaient, en vain, sur la porte d’entrée en quête d’une chambre. Inévitablement, ces pauvres bougres étaient accueillis par les braillements d’une plantureuse
négresse, qui bordillait la cinquantaine, Man Florine, celle-ci trouvant là l’occasion d’étaler sa défiance envers la gent masculine et de l’univers entier tout à la fois : «On veut quoi ? Y a
pas de chambres pour baiser ! Ce sont des gens de bien qui habitent ici ! Si vous cherchez une catin, allez donc à la Cour Fruit-à-Pain ! »
Construit en 1922, propriété de trois sœurs békées, l’Hôtel de la Charité Saint François de Sales – premier nom
de l’Hôtel du Bon Plaisir – accueillait d’abord les nécessiteux de Fort-de-France. Puis il devint une maison de tolérance. Désormais, l’Hôtel du Bon Plaisir est un immeuble locatif presque comme
les autres, qui abrite des personnages pittoresques : un clarinettiste émérite, un entrepreneur, un avocat ruiné par les dettes de jeu, une famille d’Hindous échappée des plantations de canne à
sucre, un Syrien énigmatique, sans oublier la truculente Man Florine… En narrant l’histoire mouvementée de la construction de cet hôtel, Raphaël Confiant raconte celle de ses habitants, véritable
microcosme de la société créole.
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EXCLUSIVITE CHEZ FIRMIN.OVER-BLOG.COM !
Eddy L. Harris, Paris en noir et black / collection « Littérature Etrangère »
Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Jean Guiloineau
240 pages - 14 x 21 cm - Broché isbn 978-2-86746-510-9 Prix public : 18 €
Date de publication : 7 mai 2009
Présentation de l'éditeur :
À Paris, je suis ce que je ne suis pas dans le pays qui aurait pu être le mien.
À Paris, je suis écrivain – noir, mais écrivain.
À Paris, je suis américain – noir, mais américain.
À Paris, je suis, tout simplement.
Aux États-Unis, je reste avant tout et pour toujours un Noir.
A 22 ans, lassé d’attendre aux États-Unis une ère de changement qui ne vient jamais, Eddy L. Harris choisit de s’installer à Paris. Dans un récit à la première personne, dont la fausse
nonchalance nous envoûte, il retrace les itinéraires empruntés au fil des années passées dans la capitale, décrit la magie d’un lieu qui l’a adopté, inspiré. Au même pas que cet homme éminemment
libre, nous interrogeons les raisons de l’exil, le sentiment d’appartenance, la condition des Noirs en Amérique et celle des Africains en France. Le récit mêle légèreté (haltes à la terrasse des
cafés, aux étals des marchés) dans une ville synonyme de douceur de vivre pour celui qui a vécu enfant la « venimeuse brutalité de la ségrégation », et questions plus profondes : qui être
lorsqu’on possède deux cultures ? Pourquoi un Noir américain est-il mieux inséré dans notre société qu’un Noir d’origine africaine ?
Évoquant la situation des familles immigrées, les émeutes des banlieues, il dépeint aussi les différents visages d’un pays où le rapport à l’« étranger » n’est pas exempt d’ambiguïtés. Une mise
en perspective de notre relation à notre propre culture.
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Ci-dessous, extrait d'article revisité, reportage exclusif au moment même de cet
événement pendant lequel Eddy L.
Harris terminait son tout nouveau livre...
L’Amérique à
Vincennes fête le livre, les cultures et les arts
Belle réussite que celle de 2008 pour le festival America ! Un salon autour de la littérature, chaque auteur étant fêté, et le public, plus proche,
impliqué à la vie du livre*. Les Vincennois y mettent de la volonté et, les résultats satisfaisants. Parcours d’un salon littéraire avec un but : dialogue des cultures.
«…Un nouveau Barack Obama né ce soir, et il est
écrivain…»
C’est dans une
ambiance d’incertitudes bancaires et financières que des auteurs, Américains en général, franchissent l’Atlantique pour communier avec le public français, féru de littérature étrangère. Durant
les 3 jours de ce festival America à Vincennes (25, 26, 27 Septembre), ces « bonhommes » étrangers et leurs publics ont l’esprit à la fête, si bien que l’on peut d’ailleurs gommer de
l’actualité le krach financier touchant…des magnats ; ceux de l’édition compris ? Le Dow Jones ou le CAC 40 en chute libre, ça n’est que
pure fiction, objet romanesque à Vincennes. Ici à Vincennes donc, les romans, quant à eux, étalés, ne parlent pas (encore) de finance.
(En attendant un nombre important d’ouvrages annoncés depuis le pays de l’Oncle
Sam, et inspirés par la tempête financière.)
Le public ne se fait pas prier pour mettre la main à la poche. Dans différents stands d’éditeurs ou libraires, les romanciers proposent qui le sujet des mésaventures personnelles ou collectives,
qui le mal-être, qui d’autres divers maux qui minent l’Amérique, les Amériques, d’hier à aujourd’hui.
Tapis rouge pour les Indiens
Dans une voie piétonnière menant de la mairie de Vincennes à l’auditorium de la bibliothèque municipale dite Cœur de Ville, un tapis rouge déroulé, accueillant des personnages historiques,
merveilleux, magiques, invisibles aux yeux du commun des mortels… Il suffit pourtant de diriger son œil en direction des panneaux encadrant leur passage illuminé par des tapis rutilants, -
et qui ne semblent pas de notre temps, - afin de les apercevoir, eux, passés à la postérité : des maîtres incontestés de cette terre d’America; eux que nous oublions, perdons si souvent de
vue, ces Indiens, des Amérindiens. America, leur « œuvre », leur terre, restituée ici par l’imposante exposition des photographies et textes de Vincent Bourdon, intitulée
Sur la terre des (Indiens) Blackfeet (pieds
noirs).
Inspiré, ce parcours donc rétabli : San Francisco, Browning (Montana), Chicago, New York, Miami, Calgary (Canada). Et de voir ressusciter quelques notables auteurs pour en parler mieux que
quiconque :
Pat Provost : « En arrivant dans notre pays, les blancs ont pensé
qu’ils arrivaient sur un territoire vierge. »
Joe Kipp : « Si l’on peut
protéger notre terre, nous survivrons. Si nous ne la respectons pas, nous cesserons d’exister en tant que Blackfeet. Nous serons alors des hommes blancs à la peau
brune. »
Georges
Kipp : « Cette terre, on ne nous l’a pas donnée, elle nous appartient.
Notre peuple a presque été exterminé pour elle. Ce sol est trempé de notre sang, de notre sueur, et de nos larmes. »
James Welch : « C’est difficile aujourd’hui de se rappeler que ces gens, mon peuple, ne vivaient pas seulement
sur la terre, mais avec la terre, en communion avec le ciel, les arbres, les montagnes, et les plaines. »
William Old Chief : « Aujourd’hui, pour survivre en tant que peuple, il nous faut prendre le meilleur des deux
mondes dans lesquels nous vivons. »
Vincennes
l’Américaine
Aux côtés de leurs estimables pairs, d’autres grands noms de la littérature américaine convoqués de leur sépulture pour renommer dignement des lieux de la ville, arborant de la sorte des panneaux
de circonstance, aux couleurs du festival - rouge vif, jaune, bleu, noir, orangé, blanc -, menant de rue en rues, de salle en salles. L’auditorium Jean-Pierre Miquel, de Cœur de ville, se
rebaptise en amphithéâtre d’Ernest Hemingway ; la salle des fêtes de la mairie devient William Faulkner ; le centre culturel Georges Pompidou s’américanise en John Steinbeck ; le théâtre Daniel
Sorano joue avec le nom de F. Scott Fitzgerald. L’appellation d’Octavio Paz épouse la salle des mariages ; à la cour Marigny, un cadre bien nommé Magic Mirrors se voit en Espace Truman
Capote.
Des moments propices pour ces différents auteurs de dialoguer par leurs histoires, leurs ouvrages, auprès d’un public complice. Et parfois critique. La tranquillité de cette ville à deux pas de
Paris la capitale témoigne aussi de ses habitudes: « C’est une ville de bourgeois ! », lance B., habitant et étudiant en arts appliqués, dont la mère sert comme bénévole à
l’événement. Rue de Fontenay, attenante à la mairie, certains habitués des lieux pour distiller quelques indiscrétions aux visiteurs demandant leur chemin. Cette artère, apprend-on, un lieu de
rencontres à Vincennes, à la tombée de la nuit, pour les abonnés aux mœurs légères.
(...)
Obama-mania
Encore un Noir-Américain très content, Eddy L. Harris. S’exprimant librement :
« J’ai vendu beaucoup de livres ! » Si son prochain bouquin est en phase terminale, le dernier qu’il a publié l’avait été en 2005. Le
père de Jupiter et Moi sait accrocher, même les professionnels. Par ici, une bibliothécaire qui lui réclame la version française - ce qui n’existe pas à ce jour - de son premier
roman, Mississipi Solo. Par là, résonnent encore les mots flatteurs d’un co-organisateur du festival, à la suite du très beau discours d’ouverture par l’auteur, invité d’honneur à
cette 4ème édition. « J’espère qu’un nouveau Barack Obama est né ce soir, et il est écrivain. On va tous voter pour lui ce soir. » Eddy L. Harris qui anime par ailleurs une
résidence d’écriture appelée à se poursuivre jusqu’au 31 octobre 2008 à Vincennes, témoigne de sa joie du fait que des collégiens de la ville aient adapté en pièce de théâtre l’un de
ses ouvrages.
Mes frères de sang. Histoire de l’expatriation en Argentine d’un jeune étudiant américain, revenu par la suite dans son pays, où l’attend
une nouvelle tragique, en provenance de Buenos Aires. Ce bon vent, menant l’écrivain Douglas Unger ici à Vincennes, entre autres villes françaises, aussi pour pousser, épouser une cause
politique. Sur son stand auprès de l’éditeur Phébus, l’annonce se veut claire : « Une partie de la vente du livre servira à soutenir la campagne de Barack Obama. » Cet auteur
blanc, prof d’anglais, et finaliste en 1985 du prix Pulitzer, porte sur sa veste un énorme badge représentant le drapeau américain. Et de signaler lui-même qu’il est l’un des délégués (pro Obama)
pour le Nevada ! Le sénateur de l’Illinois, alors candidat noir à la Maison Blanche règne, lui sur un tout autre stand, aux Presses
de la Cité, ayant eu à publier deux volumes de sa biographie et signées par himself…Barack Obama ! Partie remise, et prochaine visite - présidentielle ? - ici à
Vincennes ?
(...)
…Music & kitchen
Etant anglophones, d’autres musiciens font aussi l’événement. Ce sont les Boys, groupe musical issu des Amérindiens, premiers bâtisseurs et peuples d’Amérique dont ils ont conservé le mode musical. En seulement deux voyelles répétitives, - aaah, eeeh -, les 8 artistes parviennent à créer des mélodies, des harmonies vocales, sur fond de percussion locale. Quel que soit le morceau, plus calme ou plus énergique, et leur expression de visages, concentrée ou plutôt animée, cette exécution crée une ambiance incantatoire… Aux aïeuls ? Dans le Magic Mirrors, les scènes renvoient au public ces deux Amériques, précolombienne et postcolombienne. « Heureux de réunir en France ces différents éléments de l’Amérique, s’exclame même le président du festival, souhaitant la même chose outre-atlantique, « et sans vouloir donner des leçons à quiconque », précise-t-il.
La 4ème édition d’America pourrait à l’avenir amener les Boys à s’exporter sur disque. L’avaient été déjà par le passé d’autres rythmes comme « le country, le folk, le rock, le
blues, introduits en France par le label Fargo », à en croire un représentant au salon. Cette jeune maison des disques qui offre d’ailleurs aux publics une pochette vide d’un cd collectif.
Quelque 10 chansons étant à télécharger gratuitement sur le site internet. **
Le Salon America, fort d’une centaine de bénévoles, l’un des responsables se réjouit du fait qu’il ait pu afficher en cette édition des chiffres encourageants, en parallèle d’une audience
publique et médiatique croissante. De quoi gratifier leurs illustres invités d’une dernière french touch, justement en matière culinaire. L’Hexagone y faisant même bonne figure dans le
concert des nations, de l’avis général. Entre le pain, le vin, le fromage, d’autre nourriture, et quelques bavardages ou danses autour, ces invités donc ravis, à l’instar de Brian Evenson, auteur
de La Confrérie des mutilés, essayant d’ailleurs quelques mots en
français. Vincennes, enfin, avait tout pour écrire son livre...
"Et que vive le festival du livre", pour conclure par monsieur le maire !
* Ces différents ouvrages étant traduits.
** www.believe.fr/fargoallstars
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Interview
RICHARD BOHRINGER :"L'homme est plus lâche, mais la femme est vacharde !"
Fin mars 2009, fin de matinée, fin de mon rendez-vous avec un journal de la place. Devant moi, rien que 5 minutes pour être à l'heure avec le
prochain. Monsieur ne badine pas avec le respect de l'heure... Moi non plus. Alors je presse les pas. 11h et demies, ouf ! je suis à l'heure ! Richard Bohringer, lui, sort également de
sa première interview de la journée accordée à la radio de la communauté juive (RCJ) à Paris. Salutations faites. D'entrée de jeu, il me désigne par mon prénom. Touchant. On n'est pas
familiers, mais à chaque fois, le courant passe, comme lors de cette troisième rencontre en 3-4 ans.
Notre entretien presque à bâtons rompus. Quelques sujets : son regard sur l'actuelle société et ses acteurs, sur l'homme et la femme, sa vision de l'Afrique, sa nationalité sénégalaise toute
récente, ses musiciens favoris, l'animisme, et tutti quanti... Le tout, bien entendu, contextualisé par son actualité, son nouveau livre de théâtre : Zorglub, suivi de Les
Girafes.
Chez Firmin : Pour quelle raison ces deux textes ont-ils mis du temps - environ 30 ans - avant d’être finalement publiés ?
Richard Bohringer :
(Il ne s'attendait visiblement pas à cette première question.) Ils ont déjà été publiés par le passé, je ne me souviens plus de la date, mais là je les ai fait ressortir chez mon nouvel
éditeur.
Chez Firmin : Vous aviez terminé d'écrire Les Girafes à New York. Le théâtre anglo-saxon vous a-t-il influencé
?
RB : Je n’étais pas du tout dans une mode anglo-saxonne. C’était juste des voyages. Et à l’époque le voyage le plus plein c’était Londres, c’était les
Beatles, les Rolling Stones, c’était Best le plus grand footballeur anglais. New York c’était une destination qu’on voulait à tout prix accomplir, et moi je l’ai vécu.
Chez Firmin : Dans ces deux pièces, vos personnages ont en commun une sorte de désenchantement de la vie et de la femme ?
RB : On écrit de
façon paradoxale. J’écris à la vie. Je ne suis pas un romancier ; j’écris ce que je vis et je vis ce que j’écris. Zorglub, c’est le nom d’un personnage de BD dans spirou. Et dans mes deux
pièces, il n’y a pas du tout de désenchantement. Il faut avoir l’honnêteté d’essayer de transcrire les différents caractères dont vous voulez les discours. Il y a un qui ne croit pas en la
sincérité des femmes, il y a un autre pour qui c’est super. Mais les femmes sont capables de tout, dans le bien comme dans le mal. Elles sont capables du courage, du sacerdoce dans la relation,
mais aussi de vous tuer. L’homme, lui est plus lâche, mais la femme est plus vacharde, plus cruelle. J’ai beaucoup d’estime, de tendresse pour les femmes, mais on est de gros nigauds et on n’a
pas le choix. Les femmes sont doubles, nous on appellerait ça de la schizophrénie ; elles sont souvent dans la survie, elles vivent dans le chaos qui ne les renforce pas. C’est une relation
shakespearienne !
Chez Firmin : Un square, un clochard, une blonde, un noir musicien… tout le cocktail dans Zorglub ! Ces questions de société vous intéressaient-elles déjà à
l’époque ?
RB : Vous savez, dans le passé il y a eu la vraie vie, elle n’existe plus,
on nous l’a volée ; nous on prend des miettes. Ce qui aurait dû être la vie pour tout le monde, c’est quand vous n’êtes pas dans le chômage, c’est quand vous ne manquez pas de boulot, c’est
quand Paris est habité par tout le monde aussi. La vraie vie, c’est à l’époque lorsque des camions arrivaient aux marchés des Halles, dans le centre de la capitale qui était le ventre de Paris.
On devrait faire beaucoup plus référence à l’humain et moins à la technique ; or l’humain est devenu juste un consommateur. C’est pas des propos désabusés, mais pour participer à un refus.
On ne peut pas empêcher non plus à la société d’avancer, mais on peut contribuer à ce que certaines choses ne soient pas mal non plus.
Chez Firmin : Êtes-vous toujours autant passionné par l'animisme ?
RB : Vous savez, dans le prochain livre, je vais mettre en dessous (entendez sous-titre, ndlr) traditions orales. A 22
ans j’étais déjà en Afrique, dans mes rêves. Elle a toujours été là, la terre mère. Ce qui a fait que l’Afrique soit sauvée face à tous ses malheurs, c’est l’Afrique des traditions. Il faut
retourner à sa culture, ne pas faire de démagogie, ça n’aide pas l’Afrique, ça n’aide que les puissants.
Chez Firmin : Pourquoi donc cet attachement à l’Afrique ?
RB : Quand j’étais au Bénin il y a trois ans (en 2006), j’étais présent à la fête de l’époque du non-retour. Pourquoi
j’étais troublé et pourquoi j’ai fait cette démarche ? J’ai dit que c’était pour les hommes fragiles, et qu’il me fallait rencontrer un homme de vision, un vieil homme de connaissances. Donc
il m’a fallu chercher très loin parce que cet homme ne me connaissait pas. On a cherché très loin dans la brousse, dans un village de 3 – 4 cases, extrêmement chaotique, éloigné, comme beaucoup
de villages africains et j’ai rencontré l’homme de vision, de pensée, qui porte l’âme du continent, enfin qui voit, pas tout, mais qui voit des choses. C’était prodigieux, précis, implacable,
incontournable, avec la pensée multiple. Dans la pensée animiste, il y a plusieurs éléments qui peuvent s’entrecroiser. Qu’est-ce que l’animisme m’a apporté ? C’est le fait qu’il existe. Le reste n’a rien changé. Avec l’animisme, il s’est mis en place certaines
vérités, comme quoi il y a aussi la vie ailleurs.
(Il marque une pause relativement longue
avant d'entamer le thème du noir; mon regard le met en confiance, personne ne juge l'autre.)
RB : Il y a encore des idées racistes, le mépris pour le Noir ; comme déjà à l’époque, le noir c’était il y a bon banania, c’était le
souffleur de la trompette. A l’époque, dans les boîtes de jazz, le noir et la musique, c’était un formidable attrait charnel pour les femmes blanches qui venaient écouter. Dans ma pièce, ce
personnage noir est là aussi parce que j’ai rencontré les autres : Miles Davis, Forman… Ils avaient 17-20-25 ans. Une seule rencontre avec Miles Davis ça changeait complètement la vie, déjà
un seul disque de lui ça changeait l’oreille. Miles Davis était d’une beauté invraisemblable, les femmes étaient folles. Mais il n’était pas facile
humainement.. Mais je dois aussi vite rajouter que sur le plan de la musique, c’était le plus génial créatif. Il a été le leader de
tous les mouvements de création musicale jusqu’ aujourd’hui. Son œuvre est incontournable. Il faut être juste, à l’époque on ne parlait pas encore des Clapton… Ceux qui m’ont inspiré dans un
premier temps, ce sont les musiciens noirs : Jimi Hendrix, Otis reding, Marvin Gaye… Lui c’est mon chéri, je l’aime, je suis inlassable, il chante tellement bien ! Toutefois, moi-même
en tant que musicien, je ne pense pas un jour faire des reprises de leurs morceaux. Il faut toujours trouver son propre modèle.
Chez Firmin : Tout cela explique-t-il votre nouvelle nationalité sénégalaise ? Y avait-il une symbolique à
cela ?
RB : Ca s’imposait. Mais je ne suis pas du tout content de ce qui arrive au Sénégal, il y a une telle misère ! Moi je soutiens que le Sénégal sera la
première république intégriste noire du Sahel. Il y a là-bas 95% de la population musulmane animiste… J’y vis pas totalement, je vais pas assez souvent, le spectacle est désolant. T’es au Mali, à l’empire du Mali, tu comprends, mais au Sénégal c’est pas compréhensible ! Il y a tout pour faire que les gens aient à manger, et c’est
touristique. En wolof, on se pose bien la question : à trop vivre avec les blancs, où est la vérité ? Il y a trop de colonisation, trop d’acculturation, trop de démagogie et de
confusion identitaire qu’on a du mal à se retrouver. Nous avons mis du poison dans ce pays-là plus qu’ailleurs. Et la diaspora sénégalaise est celle qui fait le moins, car je ne vois rien dans la
rue. Les gens sont sans boulot, sans rien. Pourtant c’est un pays, un peuple avec une telle diversité, entre la Casamance, les toucouleurs, les wolofs…
Chez Firmin : Une anecdote liée à votre vie d'Africain ?
RB : L’Afrique n’est pas le paradis pour aller se bronzer, ni un camp de
vacances avec toute son opulence, ses bijoux, tandis que juste derrière le mur il y a la misère. Je hais le pouvoir, toute forme de pouvoir. J’ai des bonnes relations avec le président du Burkina Faso. Quand un jour dans un village de 400 à 500 âmes appelé Kokologo le chef de ce village
m’appelle au secours parce qu’il n’ y a plus d’eau dans les puits, ma seule réaction avait été d’appeler le président. Et avec son aide de camp, je peux vous dire que dans les 10 minutes en tout,
j’ai eu la Mercedes, dans les 15 minutes suivantes on a satisfait à une autre demande de ma part et dans les 35 minutes j’ai eu le camion (avec de l’eau). Alors mon fils de 17 ans m’a
parlé de cette manière : « Un blanc dans une Mercedes en Afrique, t’es un enculé ou quoi ! » Parce que lui est encore plus radical que moi. Il a beaucoup travaillé avec
moi en Afrique, mais il n’a pas vécu dans les palais. Le Sénégal est riche, il n’y a pas de minerai, mais la Casamance est une richesse agricole. Pour que le Sénégal vive, il ne faut pas
grand-chose.
Chez Firmin : Vous agissez beaucoup également aux côtés des ONG ?
RB : J’apprécie ce que font des ONG comme secours populaire ou secours
catholique. Ils bossent bien, ils sont plus proches des gens. La Croix-Rouge aussi, en Europe. Amnesty International également, ils sont plus virils. Greenpeace aussi : ses actions sont
bonnes, elles servent des causes justes. Après, je n’ai pas tous les éléments donc je ne peux pas juger toutes les ONG qui existent… Mais moi, je demande maintenant des comptes. Parce qu’il y en
a d’autres qui commencent à faire leurs propres affaires… Je demande des comptes!
Chez Firmin : Comment pensez-vous que ces deux pièces seront montées ? Quels comédiens sont pressentis ?
RB : Beaucoup de journalistes comme vous aiment
les deux pièces. Aujourd’hui, même 42 ans après, les gens les aiment encore. C’est ma fille (Romane Bohringer) qui fera la mise en scène en Octobre 2009. C’est à elle de visualiser qui jouera
quel rôle. Moi je vois le square que j’aime, avec les fleurs, comme les mimosas que j’ai vues à Nantes. On a l’impression que le bourgeonnement accompagne votre vie !
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Chronique littéraire* / Zorglub suivi de
Les Girafes
Dans un square, le printemps de l’amour. Stéphane a rendez-vous, fleurs à la main. « Elle ne viendra pas ! », dit Simon qui attend lui aussi quelqu’un depuis 20 ans. Stéphane
se laisse décourager et quitte la scène des amoureux. Se présente enfin Huguette sa fiancée et...« Zorglub ! », cette formule magique permet enfin à Simon d'être aimé par
Huguette. Puis une autre histoire d’amour : une blonde qui aime la trompette, trompe-t-elle ainsi son ami, avec un trompettiste noir. Cette pièce écrite en 1966 est suivie du texte Les Girafes, d'un auteur assoiffé de présences féminines. Celui-ci évoque le thème du désenchantement des personnages face à la vie, à l’amour et aux femmes.
Ce qui nous plonge dans l’univers des mâles épris de bêtes, à l'instar du personnage O’ Cedar.
« Les putains, c’est les seules femmes qui savent pourquoi elles baisent. C’est aussi les seules qui ont compris à quoi elles servent. » Le style Bohringer est parfois direct,
souvent pur, son œuvre s’imprègne de la vie. Comédien, chanteur, écrivain..., l'artiste multidimensionnel français est aussi naturalisé sénégalais.
Richard
Bohringer, Zorglub suivi de Les Girafes, 223 pages, Ed.
Flammarion
Chronique initialement publiée dans la presse.
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Chronique littéraire
/ Gisèle Pineau : Morne Câpresse
Loin des cartes postales de Guadeloupe, Gisèle Pineau revient sur un pan socioculturel des Antilles, elle romance le vécu de son peuple.
« Et il (Noé) dit : Maudit soit Canaan ! (…) Le pays de Canaan est l’actuelle Israël. Les
Cananéens furent assujettis par les Israélites, descendants de Sem, puis par les Médo-Perses, les Grecs et les Romains, descendants de Japhet. (…) Cette malédiction n’avait rien à voir avec la
race noire. (…) Non, Dieu n’avait jamais maudit la race noire! »
Une Bible, une bibliographie sur les peuples noirs, et la mystérieuse Congrégation des Filles de Cham opère depuis les hauteurs de la Morne Câpresse, sous l’inspiration de la fondatrice Sainte
Mère Pacôme. Ancienne agente à la RATP, chargée de vendre des tickets à la station des Gobelins, ligne 7 du métro parisien, elle se voit visiter un beau jour par des anges. Qui reviennent de plus
en plus souvent la voir. Leurs messages concordent : ils l’invitent à quitter la France pour la Guadeloupe. Car elle doit sauver les Guadeloupéennes, la race noire, les femmes, pour ensuite
libérer le monde de ténèbres.
Notre héroïne s’y rend donc. L’œuvre qu’elle y monte prend vite de l’ampleur. Sans effort apparent, les donateurs affluent, les médias se l’arrachent, les autorités locales aussi. On lui cède
vite une vaste concession ayant servi naguère à un propriétaire esclavagiste - tout un symbole. L’initiative est noble : sauver les femmes perdues de l’île, face à des autorités un peu
dépassées. On en est loin des cartes postales paradisiaques...
La vie au sommet de la montagne libère toutefois ces femmes du joug de la misère, de l’inceste, du viol, de la violence, des grossesses non désirées, l’alcool, la drogue... Mylène, adolescente, a
succombé à ces derniers vices, jusqu’à la détourner du toit familial. Les parents n’y voient qu’une énième fugue. Mais, cette fois-ci, elle dure deux ans, il y a de quoi s’inquiéter. La grande
sœur de Mylène, Line, employée dans un cabinet d’avocats, prend un congé et décide de partir à sa recherche.
Line se retrouve en expédition dans le gynécée de Morne Câpresse, aussi bien organisée que stricte et méticuleuse. Elle y mène l’enquête, ne retrouvera pas sa sœur, mais une cousine. Et la vérité
éclatera au grand jour : les Filles de Cham ne sont pas toutes probes, même « là-haut ». La police s’en mêle ; la révélation des « hauts faits » des bonnes sœurs
de la Morne Câpresse fera frémir les plus accrochés aux faits divers.
Gisèle Pineau accompagne cette trame romancée d’une bonne connaissance sociologique et historique de ce qu’est la condition de son peuple, hier comme aujourd’hui. Elle y fait appel à des grandes
figures noires de tous les continents, politiques, littéraires, ou artistiques, mais aussi à tout Africain dans son subconscient et/ou sa conscience. Pour s’interroger : et si le ver était
dans le fruit ?
Gisèle
Pineau use du parler local et maîtrise sa construction qui fait intercaler les scènes de bout en bout du roman. Ce choix fait entendre plusieurs sons de cloche, des voix égales, au travers de ses
personnages: Line, Mylène, Pacôme ou autres… Ici et là, l’on perçoit aussi, dans la narration, une pincée d’humour et d'autodérision.
Gisèle Pineau, Morne Câpresse, 266 pages, Mercure de France, 17, 50 euros
Chronique initialement publiée dans la presse.
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L’Afrique et le Bénin dans le territoire de Belfort
Hélène Badet en
association, danse et comédie
Belfort et son statut particulier de territoire au
sein même de la métropole, c’est l’histoire européenne de cette ville où échouèrent les visées expansionnistes de l’Allemagne hitlérienne et nazie ayant ravi à la France auparavant l’Alsace et la
Lorraine.
C’est ici donc à Belfort que nous rencontrons Hélène Badet, Franco-béninoise, danseuse, comédienne et formatrice. Vit sa vie artistique, dit-elle, avec détermination, au sein d’une association
créée par elle en 2004 : les Aigles du Bénin. Visite au pays du Lion de Belfort !
Chez Firmin : Présentez-nous votre association et ses activités ?
Hélene Badet : Je m’appelle Hélène Badet. Je suis la fondatrice et présidente de l’association Les Aigles du Bénin. Elle a été fondée en janvier 2004 à Danjoutin, dans la ville et sur le territoire de Belfort. Notre but est de faire connaître et parler de la culture du Dahomey (l’actuel Bénin, ndlr).
Chez Firmin : Pourquoi avoir choisi ce nom, aigle ?
H.B. : Parce que c’est un oiseau qui va d’un continent à l’autre, un messager que Dieu a choisi pour aller partout.
Chez Firmin : De quelle manière donc assurez-vous cette promotion culturelle béninoise ?
H.B. : Nous menons des activités autour de la danse et du théâtre. Etant moi-même artiste, je pratique deux danses du Bénin. Le Zinli, qui se danse avec le tam-tam en pot de terre. Et le Toba, qui se danse avec le tam-tam de l’eau.
Chez Firmin : Ces danses ont-elles une explication particulière ?
H.B. : Ce sont des danses folkloriques pour des événements bien particuliers, comme une fête ou une sortie du roi. Ca demande un apprentissage. J’ai dû moi-même suivre une formation de 45 jours au Bénin, du matin au soir. Pour le Zinli, j’ai obtenu mon attestation en 2005 auprès du maître Etoko, un chanteur-compositeur. Mais le Toba m’a été initié par quelqu’un d’autre, M. Santos Gérard. Tous les deux sont Béninois.
Chez Firmin : Vous faites aussi du théâtre ?
H.B. : J’ai monté en 2007 Abolition de l’esclavage, une pièce de 10 à 12 comédiens. Nous le jouons plusieurs fois à plusieurs endroits cette année, par exemple le 10 mai à la Maison de la Négritude, ville de Champagney, et aussi au Festival Rencontres et Racines, à Audincourt. Ajoutons à cela une exposition des objets, tissus et photos du Bénin, qui s’est déroulée à la Maison du Quartier, à Belfort.
Chez Firmin : D’où viennent les autres comédiens qui vous accompagnent ?
H.B. : L’une est Marocaine, une autre est Togolaise, il y a aussi une Camerounaise et 4 Béninoises. Côté messieurs, 2 Français, 2 Togolais et un Béninois.
Chez Firmin : Comment les recrutez-vous et sur quels critères ?
H.B. : Il n’existe pas de critères spécifiques. Ils sont de tous âges. Il suffit qu’ils manifestent ce désir et être motivés pour apprendre, après quoi je peux les former.
Chez Firmin : Est-ce qu’ils s’acquittent de quelques obligations pour bénéficier de votre formation ?
H.B. : Si vous voulez parler de tarif à payer, il n’y en a pas, même si de telles propositions m’ont déjà été faites. En retour, j’exige qu’ils restent membres de l’association ou de la troupe après la formation.
Chez Firmin : Craignez-vous donc la concurrence ?
H.B. : (L’air gênée mais résolue.) C’est moi-même qui les forme, donc je ne souhaite pas qu’ils aillent ailleurs.
Chez firmin : Comme toute jeune structure, vous devez connaître des difficultés…
H.B. : Oui, beaucoup ! Jusque-là c’est moi qui finance toutes les activités de l’association. Je dépense des milliers de francs, d’euros, pour la vie de cette association, par exemple lorsque je rentre au pays chercher du matériel chez des spécialistes.
Chez Firmin : Vous ne sollicitez pas d’aide ?
H.B. : J’ai écrit partout pour des subventions, à Strasbourg, au Ministère de la Jeunesse, au Conseil général de Belfort, etc. On ne nous a pas répondu ! Mais je ne laisserai pas tomber tout ça ! (En dépit de son air résignée).
Chez Firmin : Pourquoi ne pas essayer de mettre en avant vos atouts ? Exemple, quelles ont été pour vous vos réussites jusqu’à présent ?
H.B. : (Son visage s’éclaire.) Les gens commencent à connaître mon pays le Bénin. Ils nous sollicitent de plus en plus. J’attends des invitations pour Paris et Londres.
Chez firmin : Il semblerait aussi que vous aviez fait venir quelqu’un du Bénin ici en France ?
H.B. : (Cela ne la déride pas outre-mesure.) Oui, c’est le maître-artiste en question, M. Etoko. Mais il est déjà retourné au Bénin, après avoir joué quelques spectacles avec ma troupe.
Chez firmin : C’est plutôt un motif de fierté pour vous, non ? Réussir à le faire venir et le faire rentrer par la suite ?
H.B. : Ah mais c’est une longue histoire ! J’y ai laissé toutes mes économies !
Chez firmin : Quelles histoires ?
H.B. : Non ! non ! non ! non ! Il ne faut pas l’écrire ! C’est pas bon pour le public. C’est pas bon pour tout le monde ça !
Chez Firmin : Avez-vous des projets pour l’association et votre troupe ?
H.B. : A la rentrée, je lance une nouvelle pièce. Elle va parler d’un charlatan qui n’a pas rendu service à une femme qui voulait sauver de l’alcoolisme son mari. Ah les charlatans…!
Chez Firmin : Si vous nous parliez de votre vie personnelle à Belfort ?
H.B. :
(Réticente !) Je n’ai rien à dire sur moi…
Chez Firmin : Si, comment êtes-vous arrivée ici à Belfort ?
H.B. : Ah oui ? Je faisais des
navettes entre le Bénin et Paris dans les années ‘80 à ‘98. Et c’est ma ma vie privée qui m’a emmenée ici à Belfort. Mais je n’en dirai pas plus.
Chez Firmin : Elle est comment, cette ville ?
H.B. : Elle n’est pas du tout mauvaise. C’est calme. J’aime Belfort parce qu’elle m’a bien accueillie. Les Français viennent nombreux à mes spectacles. Des Africains aussi. Ils me soutiennent, ça fait plaisir. Quant aux Béninois, il n’y en a pas beaucoup, mais on s’entend comme frères et sœurs. La France est devenue mon pays adoptif.
Propos recueillis par Firmin Luemba
Journaliste, auteur, animateur
associatif
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Zaïko fait sa comédie à Cannes... Fin des années ’90 et début 2000, la musique congolaise et ses
leaders s’emparent de prestigieuses salles de spectacles parisiennes. Les Zénith, Bercy, Olympia, Palais des Sports et autres, étant alors devenus pour eux des boulevards.
Parfois déloyale, la concurrence règne entre les artistes de différents groupes. Conséquence, la polémique, des polémiques, à leur comble, chez des fanatiques, voulant savoir qui a fait plus,
qui a fait mieux que l'adversaire.
L'orcheste Zaïko est à la traîne, visiblement. Il lui faut donc mettre de la poudre aux yeux, frapper un grand coup "médiatique", marquer les esprits. Profitant également de son séjour
européen, et son passage à Cannes - la ville -, à la même période que le Festival, les rumeurs, bien entretenues, font savoir que le mythique orchestre congolais vient de jouer dans le
même Festival. Par quel miracle, se demandent les uns, incrédules, Zaïko étant un groupe de musique et non pas de comédiens ou de cinéastes !
Mais tout cela n’était que du « Zaïko Langa Langa », c-à-d le Zaïre des Ancêtres.
" Par quel miracle chanter jusqu’au Festival de Cannes, dites-vous ? s’empressent les autres, concluant par un traditionnel
: "Mais c’est ça justement du Zaïko Eyi Nkisi !"
("Zaïko c'est Magique"), leur slogan même ! Et la polémique Zaïko-cannoise s’estompa...
Elle laissa place à la curiosité d'un certain public qui voulait savoir c’était quoi Cannes, c’était où ? Les « géographes polémistes du coin » répondaient que c’était
près de Nice, sur la Côte d’Azur, une pittoresque région de France.
Nice, désormais tout le Congo la connaissait, depuis fin ’96 et début ’97. Grâce aux médias…et aux rumeurs. Le président Mobutu y était même hospitalisé, suite à son cancer à la prostate.
Son irréductible opposant, Etienne Tshisekedi, lui avait aussi rendu visite par solidarité.
Il espérait ainsi par la suite le poste de premier ministre, et travailler ensemble pour le bonheur du peuple congolais. Mais, apparemment, le scénario tourna court.
La saison des pluies s’arrête. Le 15 Mai marque le début de la saison sèche en Afrique Centrale, notamment les deux Congo voisins. La poussière gagne du terrain. Bonjour la toux, le rhume, les
éternuements, même chez les plus hauts dirigeants. A vos souhaits, démocratiquement !
Là-bas, dès le 15 Mai, c'est synonyme de complicités, de promesses et rendez-vous d’amour. Il commence à y faire froid, quelquefois aussi près de l’automne occidental. Et les filles sont
de plus en plus belles. Quelques-un(e)s profitent de la fraîcheur pour brunir leur peau à l’aide des produits cosmétiques rivalisant de pub dans les nombreuses télévisions et radios
locales.
Se décaper la peau, hélas! chez certains, c'est encore tendance, cela tient du phénomène Tshoko, régnant sur Kinshasa, et venu du Congo-Brazzaville
avec sa vague de sapeurs, les années ’80.
* Clin d'oeil à Aimé Césaire, ce titre l'était déjà bien avant sa mort
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Article revisité, publié en 2007 puis 2008, rubriques
Assaisonnements du Congo / Solidarité
Histoire d'un changement de régime
N’oubliez pas ce peuple du Congo !
17 Mai 1997 – 17 Mai 2009. Douze ans que la République
Démocratique du Congo a changé de régime politique. Le peuple, aux abois, a vu venir un libérateur fort désiré, et d’ailleurs justement nommé Laurent-Désiré Kabila, en finir avec un autre,
Joseph-Désiré Mobutu. Ce dernier aussi en son temps avait libéré le pays de sécessions, rébellions et mutineries ; avant de sombrer dans la mal gouvernance, la gabegie, l’inconscience,
l’absence de culture politique, démocratique, et du respect des droits humains. L’Histoire se répète. Près d'un demi-siècle après la publication aux éditions du Seuil, en 1962, par René Dumont
de ‘L’Afrique noire est mal partie’, à la suite des indépendances nationales arrachées aux colonisateurs en ‘60, force est de constater que la prédiction du Français fut fort juste,
malheureusement. Pire, le Congo, comme une large portion de cette Afrique-là, n’est allé nulle part; il n’a point avancé, mais plutôt reculé. L’Afrique reste au parking. A l’image de son point
névralgique défini par un autre philosophe-écrivain jadis bien inspiré, le Martiniquais Frantz Fanon : « L’Afrique a la forme d’un revolver dont la gâchette se trouve au
Zaïre. » Le Zaïre, c'est aujourd'hui le Congo. Peuples du monde, dans vos sujets d'actualité, d'histoire et d'avenir, n’oubliez donc pas le Congo et les Congolais aussi meurtris,
et proches du Rwanda, du Burundi, du Tchad, de la Rca, du Soudan, de la Tanzanie, du Zimbabwe, tous ces peuples piégés, brisés par des crises, des crimes comme aussi le Darfour. Ne les oublions
pas !
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Revisité, cet article publié il y a 2 ans, rubrique Assaisonnements du Congopolitiques
Le parti de Mobutu et ses 42 ans
Les 42 années d’un mouvement populaire de la révolution au Congo
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La Vendée et Madame : un inédit d'ALEXANDRE DUMAS
Avant-propos de Claude Ribbe
Sous une forme qui annonce les techniques de ses grands romans, Alexandre Dumas mène un récit palpitant fondé sur une histoire vraie dont l'héroïne féminine est
particulièrement attachante et actuelle.
Un chef d'oeuvre d'Alexandre Dumas retrouvé et publié par Claude Ribbe, le biographe du général Dumas.
Son père est Thomas Alexandre Davy-Dumas de la Pailleterie, général pendant la Révolution qui fit une brillante carrière dans les armes et sa mère est Marie Labouret, fille de Claude Labouret, aubergiste à l'Écu d'or à Villers-Cotterêts.[1]
« Je suis lié à Villers-Cotterets, petite ville du département de l'Aisne, située sur la
route de Paris à Laon, à deux cents pas de la rue de la Noue, où mourut Demoustiers, à deux lieues de la Ferté-Milon, où naquit Racine, et à sept lieues de Château-Thierry, où naquit la
Fontaine. »
L'enfant a pour marraine sa soeur, Aimée-Alexandrine Dumas (son ainée de neuf ans) et pour parrain le maréchal Brune.
Le général Dumas meurt le 26 février 1806, quatre ans après la naissance de son fils. Alexandre
Dumas a pour aïeul un marquis désargenté qui immigra en 1760 à l'île de Saint-Domingue et une esclave noire du nom de Marie-Cessette Dumas.
Dumas étant quarteron, il fut souvent en butte
aux sarcasmes racistes de ses contemporains.
« Au fait, cher Maître, vous devez bien vous y connaître en nègres ?
- Mais très certainement. Mon père était un mulâtre, mon grand-père était un nègre et mon arrière-grand-père était un singe. Vous voyez, Monsieur : ma famille commence où la vôtre
finit. »
Il a neuf ans lorsqu'il entre au collège de l'abbé Grégoire à Villers-Cotterêts. Il y reçoit les bases de l'instruction primaire. Il y restera élève jusqu'en 1813.
À treize ans, le petit Alexandre ne sait
presque rien, il a pour seule éducation ses lectures de la Bible, de récits mythologiques, de l'Histoire naturelle de Buffon, de Robinson Crusoé et des Contes des mille et une nuits.
Cependant, sa calligraphie est exceptionnelle. Il est engagé comme coursier dans une étude de notaire, celle de maître Mennesson. « Il fut donc décidé que, le lundi suivant,
j'entrerais chez maître Mennesson : les gens polis disaient en qualité de troisième clerc, les autres en qualité de saute-ruisseau. ».
Alexandre fera la connaissance d'Adolphe de Leuven qui l'initiera à la poésie moderne. Ils auront également l'occasion d'écrire ensemble des vaudevilles.
En 1822, il se trouve une place de clerc de notaire et part pour Paris avec un collègue. Là-bas, il découvre la Comédie-Française. C'est le début d'une vie nouvelle pour Alexandre lorsqu'il
fait la rencontre d'un grand acteur de l'époque, Talma. L'année suivante, grâce à la protection du général Foy il travaille dans les bureaux du secrétariat du duc d'Orléans et peut enfin
faire venir sa mère à Paris.
Un an après, le 27 juillet 1824, c'est la naissance d'Alexandre son fils, fruit de sa liaison avec Laure Labay, couturière et sa voisine de palier place des Italiens. L'enfant est
illégitime jusqu'à ce que Dumas le reconnaisse le 17 mars 1831, quelques jours après la naissance de sa fille Marie-Alexandrine (le 5 mars 1831) qu'il a de Belle Kreilssamer.
Cette même année, Dumas se remet au vaudeville
avec de Leuven et La Chasse et l'Amour connaît un grand succès. C'est aussi la période où Dumas découvre les « Romantiques » et va beaucoup au théâtre. Il écrit son premier drame
historique, Henri III et sa cour en 1828. Bien que qualifiée de « scandale en prose » (en référence à Hernani, la pièce de Victor Hugo qualifiée de « scandale en vers »
à sa création), la pièce présentée à la Comédie-Française connaît un énorme succès.
C'est un auteur prolifique, avec l'aide
notoire de « nègres » et en particulier d'Auguste Maquet qui a participé à la plupart de ses réalisations. Il signe des grandes fresques historiques telles Les Trois Mousquetaires
ou Le Comte de Monte-Cristo en 1844. La même année, Dumas achète un terrain à Port-Marly et fait bâtir le « château de Monte-Cristo », une bâtisse de style composite, à la fois
Renaissance, baroque et gothique.
En 1846, il fait construire son propre théâtre
à Paris, boulevard du Temple, qu'il baptise « Théâtre-Historique ». Le théâtre est inauguré en 1847 et accueille les pièces de plusieurs auteurs européens (Shakespeare, Goethe,
Calderon, Schiller) avant de faire faillite en 1850.
En 1848, il est candidat malheureux aux élections législatives qui suivent la révolution. Il soutient ensuite Louis-Eugène Cavaignac contre Louis-Napoléon Bonaparte.
Ruiné par la faillite de son théâtre, Dumas
est obligé de vendre aux enchères son château qu'Honoré de Balzac admirait tant. En 1851, poursuivi par plus de 150 créanciers, Dumas doit s'exiler un temps en Belgique.
Il ne ralentit pas pour autant sa production littéraire. Fin gourmet, il est même l'auteur d'un Grand Dictionnaire de cuisine.
« Alexandre Dumas partageait son temps, comme d'habitude, entre la
littérature et la cuisine; lorsqu' il ne faisait pas sauter un roman, il faisait sauter des petits oignons. »
En septembre 1870, après un accident vasculaire qui le laisse à demi paralysé, Dumas s'installe dans la villa de son fils à Puys, quartier balnéaire de Dieppe. Il y meurt le 5 décembre
1870. Sa dépouille est transférée au Panthéon de Paris le 30 novembre 2002, à l'occasion du bicentenaire de sa naissance.
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Film congolais
LES HABITS NEUFS
DU GOUVERNEUR
Une adaptation originale du célèbre conte " Les habits neufs de l'empereur ", de l'auteur danois Hans Christian Andersen (1835) en forme de comédie
musicale.
Synopsis :
À la surprise générale, un simple fonctionnaire est nommé gouverneur de la
province du Zerbo par la Global Business International. En secret, il fait entrer dans le palais sa femme Mopaya, originaire d'une province voisine en guerre avec le Zerbo, et leur fils
Petit-Prince. Deux larrons s'introduisent eux aussi au palais en se faisant passer pour des tailleurs. À l'occasion de la Fête de l'Eternelle Jeunesse, ils confectionnent pour le gouverneur
un habit en tissu "invisible aux sots et aux incompétents".
Fiche technique :
Genre : fiction – comédie musicale
Scénario : Hans Christian Andersen, Julien-Christian
Docin
Acteurs : Reddy Amisi, Adolphe Dominguez, Emeneya Kester, Simaro Lutumba, Marie Misamu,
Bébé Tschanda, Félix Wazekwa, Papa Wemba
Réalisation : Mweze Ngangura
Durée : 87'
Directeur de la photo : Alberto Iannuzzi
Musique : Alain
Makaba
Pays : Belgique, Congo
Ce long métrage tourné en 2004 au Congo-Kinshasa vient enfin de sortir en Dvd en Europe.
On y voit pour la première fois plusieurs chanteurs (euses) de ce pays s'essayer au 7ème art, aux côtés d'un habitué et du plus célèbre d'entre eux, Papa
Wemba.
Du même réalisateur (Benoît Lamy), Papa Wemba avait déjà tenu le rôle principal dans La vie est belle (1987), avant de jouer dans Le combat des fauves
(1997), parmi les non moins célèbres Richard Bohringer, Ute Lumper, etc... (Cfr le livre Papa Wemba et nous ?)
Le même Papa Wemba que je remercie pour son invitation au studio cette semaine m'ayant fait écouter en primeur quelques-unes de ses chansons qui vont figurer sur le prochain album
destiné au marché international. On est ainsi fixé sur ses premières idées quant aux couleurs musicales que cela devra comporter, ainsi que différentes possibilités
d'arrangements et direction artistique...
L'album devrait s'intituler Kema Fumbe (lire kéma foumbé), ce qui signifie en patois "Je ne suis pas venu au monde seulement pour accompagner les autres".
Bonne chance à Papa Wemba, pleins succès, et vive la musique !
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A dater de ce jeudi 30 Avril 2009,
Nous voulons faire ici part des menaces de différentes formes contre nous et qui se précisent.
Nous ignorons toujours le mobile de tous ces comportements. Que chacune et chacun en tiennent compte dès ce jour et prennent toutes les bonnes dispositions. Bien cordialement !
E-mail : firminvestir@yahoo.fr
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